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« O amis exilés, que nous étions nous dit ?
O amis exilés que n’aurons-nous pas dit ? ». (1)
…ainsi les mots du poète dans les mots d’aujourd’hui.
N’aurons-nous rien reconnu ? N’aurons-nous été que des spectateurs virtuels dans un monde qui ne l’est pas, mais que nous aurons signifié tel par notre seule position ou plus exactement absence de position. Un monde où tout devient intéressant, où il faut s’habituer, s’acclimater, s’intégrer et voir… voir ce que l’on peut faire.
Un monde, un système-monde, où nous regardons par où les choses sont passées, passent. Où nous regardons comment elles se sont passées, se passent. Où nous regardons pourquoi elles se sont passées, se passent.
Un monde qui avance de plus en plus vite et nous avec, vers quoi ?
La culture est aujourd’hui inculte.
Elle est sans joie, sans tristesse, sans passion. Neutre.
Vénération du vert.
Vert bourgeon.
Vert espoir !
Vert moisissure.
Vert-dollar… Face au tapis vert, l’homme fait ses comptes d’apothicaire.
Nous sommes les grands restaurateurs de l’histoire, de l’histoire avec un grand H. Que restera-t-il après notre passage ?… Peut-être que l’histoire ne s’écrit plus, ne se fait plus. Peut-être qu’elle s’analyse et se raconte seulement !?
« Quelles qu’en soient les formes historiques, violentes ou discrètes, scandaleuses ou dérisoires, le souci d’adaptation, qui sous l’occupation s’appelait collaboration, est le mal qui guette à tout moment la conscience politique, [religieuse, scientifique et artistique]. Il est une façon de se croire raisonnable qui écarte comme folie toute idée de résistance.
On a dit qu’il y a de nos jours peu d’hommes [et de femmes] à se tenir seuls dans une opinion que la foule abandonne. Au vrai sens, on ne combat donc pas pour être libre, mais parce qu’on l’est déjà ». (2)
Qui d’entre nous va entrer en Résistance ? |
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