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Vous serez comme des Dieux...
Tours immobiles,
frontales.
Le vertige ausculté dans la marche
La mémoire apprivoisée dans la vue
L’histoire évidente des mains qui n’ont plus d’histoire
Trace éphémère du mot amour
sans corps qui la précède.
On ne meurt pas seulement de faim,
On meurt aussi du manque de sens. |
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La feuille d’Olivier qu’on allait voir pour elle-même
La double image de la mélancolie,
auprès du polygone et du compas
L’homme dans le cercle rouge de sa pensée
Le soupçon a remplacé le doute
Angle mort
La Synagogue éventrée. |
Vous serez comme des Dieux
Ce que l’on possède.
Ce qui nous possède.
S’être trompé sur le sens d’un mot –
être dans les choses la fin des choses.
Plus d’espace pour appréhender l’espace :
Image virtuelle
La pesanteur s’est retirée du fruit.
La terre dans ce que l’on est soi-même
sur toute la distance d’une question. |
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Rétrécissement de la lumière
Itinéraire fléché
Nuit éclairée par l’âme du défunt lorsqu’elle quitte le corps
Ampoule au plafond du siècle :
E = mc² : L’énergie égale la masse compliquée de tous les verbes
lorsqu’ils rejoignent leur futur.
L’ardoise remplie de signes indéchiffrables
L’information sur toute l’étendue de la mémoire
Plus de place pour le scintillement des lucioles.
Ces mots:
"Je n’ai pas eu la force de faire vivre une bruyère." |
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Vous serez comme des Dieux...
Vous serez comme Dieu...
(Le pas hors du Paradis fait par le passant lui-même !)
Au bord du fleuve
gestes toujours recommencés, à angle fixe
Villes-traces : le paysage dépossédé
L’eau était la mémoire...
Au bord de l’eau un homme,
à bout de souffle,
les mains coupées.
Toutes ces plaies ouvertes dont on ne guérit pas,
les plaies d’une parole
qu’on a choisie. |
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À L'ANGLE DES HEURES. Natanaële Chatelain. 1994 - 1995. |
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