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Allongés dans le siècle de nos transparences
Allongés dans le siècle de nos matérialismes
Allongés dans le siècle de nos agonies
Allongés dans le siècle
d’où nos regards furent absents au jour qui se lève
Et nos corps
ayant quitté la durée de la nuit...
Et nos lèvres
ayant perdu le mouvement de nos âmes...
Le mot est le survivant
de nos alphabets morts
Chacun de nous étant la traversée d’un désert
parmi les lettres dispersées. |
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Aller jusqu’au bout du physique, à travers le vivant
et son âge d’histoire.
Passer par toutes les étapes,
par toutes les mémoires –
le souffle est passé par là !
Sur chaque seuil –
le son de la flûte pour recourir au monde ;
le son de la flûte dans la prononciation de l’arbre et de ses vues en nous.
Là même où quelque chose existe –
où chaque chose a une essence à quoi nous pouvons participer,
mais de telle sorte qu’il y aurait une espèce de péché
à interrompre l’accord –
quelque chose qui, tant bien que mal,
tant mal que pis,
se doit d’avancer nuit et jour. |
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Le sablier s’écoule.
Ne souhaite pas ici
que les choses reviennent comme avant,
interroge seulement tes propres frontières
dans les dessins laissés sur le sable
au pied de ta course !
Interroge les frontières
tissées dans tes pas... |
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Ciel après ciel,
nous commémorons - mais quoi ?
Nous voilà,
face à l’horizon que nous avons fait naître.
Trop nombreux sont les signes
qui n’ont pas été reconduits à eux-mêmes !
Signes d’écriture :
La première main peinte sur le mur
et qu’aucune main ne sait plus retrouver,
et qu’aucune main ne vient plus recouvrir –
nous ne savons plus ce qu’elle nommait,
nous ne savons plus habiter l’espace qu’elle était venue désigner. Signes articulés en heures de veille et de sommeil :
Les plaies ouvertes
au creux de l’habitude...
Signes qui se perdent dans la nuit :
Lignes de mains
interrompues au milieu de combien d’autres vies
avec lesquelles elles ont disparu ? |
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Un long dépôt de l’âme humaine,
une accumulation lente des jours, dans l’air et sur la pierre.
D’où vient
que la blessure des morts
ne se referme pas dans la mémoire ?
La réponse appartient au passé de chaque visage : |
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- Il y a des pierres comme il y a des âmes !
Nous voilà, l’être de parole, retourné dans la chair,
Celui-là qui vers la terre se penche pour regarder au ciel
et le ciel dépend –
et nos vies dépendent, avec le ciel... |
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LE CIEL DÉPEND... Natanaële Chatelain. 2000 - 2001. |
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